Sécurité des travailleurs isolés au Canada : règles du travail seul et la loi

Au Canada, de nombreuses personnes travaillent là où personne ne les verrait ou ne les entendrait si un problème survenait : sur la route, chez un client, sur un site éloigné ou après les heures normales. La sécurité des travailleurs isolés consiste à protéger les personnes qui travaillent seules : évaluer les risques du travail, garder le contact avec le travailleur et lui faire parvenir de l’aide en cas d’urgence. Le travail seul est généralement permis, mais certaines tâches exigent la présence d’une autre personne et plusieurs administrations imposent des mesures de protection. Ce guide explique ce qu’est le travail en isolement, ses risques, les procédures de vérification et les politiques à prévoir, les règles applicables dans chaque province et territoire ainsi que la formation nécessaire. 1,5
Qu’est-ce qu’un travailleur isolé?
Un travailleur isolé est une personne qui travaille dans des circonstances où elle ne pourrait pas obtenir rapidement de l’aide en cas d’urgence, de blessure ou de maladie. Le fait de ne pas pouvoir être vu ou entendu par un collègue est un indice; la définition juridique varie selon l’administration. Cette situation peut concerner des personnes dans un endroit éloigné, qui travaillent en dehors des heures normales ou qui sont seules dans un bureau, un magasin ou un laboratoire. 1,7
Le travail lui-même est souvent courant. C’est l’intervention qui change : si un incident survient, personne ne se trouve nécessairement à proximité pour le remarquer, aider le travailleur ou appeler les secours à sa place. Le délai entre l’incident et l’intervention est un élément central de la planification du travail en isolement. 1
Quels sont les principaux risques du travail en isolement?
Les principaux risques comprennent les blessures sans aide à proximité, la violence lors des contacts avec le public, l’exposition aux conditions environnementales, les défaillances d’équipement, les urgences médicales et la charge psychologique de l’isolement. Des secours retardés peuvent aggraver les conséquences d’un incident. 1,2
En pratique, ces risques se répartissent en cinq groupes :
- Risques physiques — chutes, coupures et contusions liées à la tâche, ainsi que violence, harcèlement ou agression lorsque le travail implique le public ou l’entrée chez d’autres personnes.
- Risques environnementaux — chaleur ou froid extrême, vents violents, tempêtes de neige et autres conditions qui peuvent transformer une situation maîtrisable en urgence lorsqu’on est seul.
- Risques psychologiques — stress lié à l’isolement prolongé et au manque de contact. 2
- Risques liés à l’équipement — machines et outils mal entretenus ou mal utilisés, sans deuxième personne pour les arrêter ou dégager un travailleur coincé.
- Urgences médicales — blessure, réaction allergique ou autre malaise soudain nécessitant de l’aide, alors que le travailleur peut être incapable d’en demander. 1
Les mesures habituelles réduisent certains de ces risques : équipement de protection individuelle adapté, outils utilisés et entretenus selon les instructions du fabricant, et tâches correspondant à la formation du travailleur. Elles doivent s’accompagner d’un plan pour détecter une prise de contact manquée et faire parvenir de l’aide au travailleur. 1
Quelles sont les principales pratiques de sécurité pour le travail en isolement?
La première mesure est directe : lorsqu’une tâche comporte un risque reconnu, éviter de la confier à une personne seule. Si le travail en isolement ne peut être évité et qu’il est permis par la loi, les pratiques suivantes — évaluation des risques, protocoles de communication, vérifications périodiques et planification des interventions d’urgence — aident l’employeur à maîtriser les risques. 1
- Évaluation des risques — relever les dangers liés au milieu et à la tâche avant d’affecter une personne à un travail en isolement, puis réévaluer la situation lorsque la tâche, le lieu ou le travailleur change.
- Communication — établir le protocole avant le début du quart : comment le travailleur garde le contact avec un superviseur ou une personne désignée, quel équipement permet ces échanges et comment joindre les services d’urgence à partir du lieu de travail réel.
- Planification des interventions d’urgence — documenter les mesures à prendre en cas d’urgence médicale, d’accident ou de phénomène naturel, y compris qui intervient, comment rejoindre le travailleur et comment repérer le site.
Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail recommande ces mesures dans ses conseils sur le travail en isolement. La directive du Programme fédéral du travail sur les personnes qui travaillent seules (IPG-059) explique les obligations dans les milieux de travail de compétence fédérale. 1,6
Qu’est-ce qu’une procédure de vérification périodique et que doit-elle prévoir?
Une procédure de vérification périodique est un système permettant de confirmer, à des moments prévus, qu’un travailleur isolé est en sécurité. Le contact se fait par téléphone, texto, application ou radio, et une personne désignée sait quoi faire lorsqu’une vérification est manquée. 1
Dans plusieurs provinces, il ne s’agit pas seulement d’une bonne pratique : la procédure doit être écrite et la loi en précise le contenu. Elle doit prévoir les intervalles entre les vérifications, une personne désignée pour établir et consigner les contacts, et les mesures à prendre si le travailleur ne peut être joint (y compris le sauvetage d’urgence). La Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard exigent aussi une dernière vérification à la fin du quart. En Colombie-Britannique, par exemple, l’Occupational Health and Safety Regulation prévoit chacun de ces éléments. Ce règlement exige aussi que les intervalles soient établis en consultation avec le travailleur et que la procédure soit revue au moins une fois par année. Les exigences exactes varient selon la province; le tableau ci-dessous les présente. 7,18,19
La technologie peut soutenir ce système : dispositifs automatisés de vérification ou d’alerte de détresse, appareils munis d’un GPS, communications par satellite et radios bidirectionnelles font partie des options. Il faut choisir et tester un système qui fonctionne à l’endroit où le travail est effectué. Une application cellulaire a toujours besoin d’une connexion, et un signal de localisation ne déclenche pas à lui seul une intervention de sauvetage. La procédure doit prévoir une personne qui reçoit l’alerte et intervient. 1
Que doit comprendre une politique sur le travail en isolement?
Une politique sur le travail en isolement établit la façon dont l’employeur maîtrise les risques du travail effectué seul. Plusieurs administrations exigent expressément des procédures ou un code de directives pratiques pour le travail en isolement. Le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard en précisent le contenu. Dans ces deux provinces, le code ou les procédures doivent comprendre :
- le nom, l’adresse, l’emplacement et le numéro de téléphone du lieu de travail et de l’employeur;
- la nature de l’activité;
- les risques relevés pour chaque personne travaillant seule;
- les mesures permettant de les réduire;
Élaborer la politique à partir de l’évaluation des risques : qui travaille seul et à quel moment, ce qui pourrait mal tourner, l’horaire des vérifications, la personne qui en est responsable et les mesures à prendre si le contact échoue. La forme exigée varie : l’Alberta et la Saskatchewan imposent expressément un système de communication efficace et des mesures de maîtrise des risques, tandis que le Québec exige une surveillance efficace dans les circonstances décrites à l’article 322. Le tableau ci-dessous présente l’approche de chaque administration. Le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard exigent aussi un programme de formation sur le code ou les procédures de l’employeur pour chaque travailleur isolé et chaque superviseur responsable de l’un d’eux. 8,9,12,14,18
Que prévoit la législation fédérale sur le travail en isolement?
Est-il légal de travailler seul au Canada?
Oui, le travail seul est généralement permis, mais l’employeur doit évaluer la tâche et respecter toute restriction qui s’y applique. Dans les milieux de travail de compétence fédérale, plusieurs dispositions exigent qu’une autre personne soit disponible ou présente pour certains travaux. 6,5
Pour les employeurs de compétence fédérale, l’article 124 du Code canadien du travail impose de protéger la santé et la sécurité de chaque employé au travail. Le Code définit le lieu de travail comme le lieu où un employé exécute un travail pour son employeur (par. 122(1)). Pour les lieux de travail qui relèvent de son champ d’application, le Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail (RCSST) prévoit plusieurs situations nécessitant un surveillant, une personne qualifiée, un superviseur ou un signaleur, notamment : 3,4,5
- certains travaux sur de l’équipement électrique sous tension : un surveillant de sécurité lorsque les conditions de l’article 8.8 sont réunies; le paragraphe 16.3(3) prévoit aussi des exigences de premiers soins ou de réanimation pour les travaux sur de l’équipement électrique à haute tension sous tension;
- l’entrée dans un espace clos dangereux dans les circonstances précisées : une personne qualifiée doit être présente à l’extérieur et communiquer avec la personne à l’intérieur (al. 11.06(1)d));
- les travaux présentant un risque de noyade : une personne qualifiée doit être disponible sur place pour faire fonctionner l’équipement d’urgence (al. 12.15(1)c));
- les travaux de réparation ou d’entretien nécessitant le retrait d’un dispositif protecteur lorsque le verrouillage de la machine n’est pas réalisable : instructions écrites, autorisation pour chaque intervention et surveillance directe par une personne qualifiée (par. 13.16(2));
- la conduite d’un appareil motorisé de manutention des matériaux lorsque la vue est obstruée : les directives d’un signaleur sont nécessaires (art. 14.25).
La directive du Programme fédéral du travail sur les personnes qui travaillent seules (IPG-059) donne des exemples, sans constituer une liste exhaustive, et précise que d’autres règlements contiennent des exigences semblables. Certains numéros d’articles de cette directive sont périmés; les références ci-dessus suivent le texte actuel du RCSST. Il faut toujours vérifier si une disposition exige une autre personne pour la tâche en question. 6,5
Dans les lieux de travail visés par le RCSST, l’employeur doit intégrer le travail en isolement à l’évaluation de son programme de prévention des risques (partie XIX du RCSST). Lorsqu’un travailleur isolé pourrait être exposé au harcèlement ou à la violence, il doit aussi en tenir compte dans l’évaluation du lieu de travail exigée par le règlement sur le harcèlement et la violence. Les mesures concrètes, comme les alarmes personnelles ou les heures de contact fixes, dépendent du risque lié à la tâche. 5,6
Quelles sont les règles provinciales et territoriales sur le travail en isolement?
Au Canada, les obligations récurrentes consistent à relever les risques, à mettre en place des mesures appropriées et à former les personnes aux procédures. Les différences portent sur les détails : les documents à rédiger, les modalités de vérification et la fréquence de révision. L’Ontario et la Nouvelle-Écosse s’appuient sur les obligations générales de l’employeur et sur des règles propres à certaines tâches. La loi du Yukon exige aussi expressément de faire des efforts pour vérifier l’état des travailleurs qui pourraient être incapables d’obtenir de l’aide. Les milieux de travail de compétence fédérale relèvent séparément du Code canadien du travail et des règlements applicables. Repérez votre province ou territoire dans le tableau; les exemples ne constituent pas une liste exhaustive des restrictions sectorielles. 11,16,20,3
Exigences relatives au travail en isolement au Canada
| Province, territoire ou compétence | Texte et disposition | Exigences pour les travailleurs isolés |
|---|---|---|
| Fédéral | Code canadien du travail, art. 124; RCSST, partie XIX et dispositions propres aux tâches | L’obligation générale du Code couvre les travailleurs isolés. Lorsque le RCSST s’applique, certaines tâches exigent un surveillant, une personne qualifiée ou une autre personne, et le travail en isolement doit être inclus dans l’évaluation du programme de prévention des risques. 3,5 |
| Colombie-Britannique | Occupational Health and Safety Regulation, art. 4.20.1 à 4.23 | Relever les dangers avant l’affectation, puis les éliminer ou réduire les risques. Prévoir une procédure écrite avec intervalles, personne désignée, consignation des contacts, mesures en cas de contact manqué, sauvetage d’urgence et vérification en fin de quart. Former le travailleur et la personne chargée des vérifications; revoir la procédure au moins annuellement. Pour le commerce de détail de nuit présentant un risque de violence : barrière, autre travailleur ou programme de prévention de la violence prescrit, qui comprend un émetteur personnel d’urgence surveillé. Le paiement préalable du carburant est obligatoire. 7 |
| Alberta | Occupational Health and Safety Code, partie 28, art. 393 et 394; art. 392.1 à 392.6 | Le travail seul constitue un danger à évaluer. Prévoir des communications électroniques efficaces avec contacts réguliers selon le risque; si cela n’est pas réalisable, organiser des visites ou des contacts initiés par le travailleur. Dans les stations-service, dépanneurs et commerces de biens courants visés, le travailleur seul doit recevoir et porter un émetteur d’urgence surveillé. D’autres mesures s’appliquent durant l’ouverture entre 23 h et 5 h. Le carburant doit être payé avant sa distribution au détail. 8 |
| Saskatchewan | Occupational Health and Safety Regulations, 2020, art. 3-24 | Relever les risques du travail seul ou dans un lieu isolé en consultation avec le comité, le représentant ou les travailleurs. Prendre toutes les mesures raisonnablement réalisables pour les éliminer ou les réduire, dont un système de communication efficace. D’autres mesures peuvent comprendre des contacts réguliers, des limites d’activité, des exigences de compétence, des EPI, des procédures sécuritaires et du matériel d’urgence. 9 |
| Manitoba | Règlement sur la sécurité et la santé au travail, partie 9 | Relever les risques en consultation; établir et appliquer des procédés sécuritaires, former les travailleurs et veiller au respect des procédés. Ceux-ci doivent prévoir un système de communication efficace et les mesures du paragraphe 9.3(2), et être affichés. Les revoir et les réviser au moins tous les trois ans, ou plus tôt si des changements au travail présentent un risque. 10 |
| Ontario | Loi sur la santé et la sécurité au travail, al. 25(2)a) et h) | La Loi n’interdit pas le travail seul et ne prescrit aucune procédure générale de vérification à cet égard. Ses obligations générales imposent de fournir renseignements, directives et surveillance, et de prendre toutes les précautions raisonnables dans les circonstances pour protéger les travailleurs. Vérifier les règlements applicables pour connaître les exigences propres à certaines tâches. 11 |
| Québec | Règlement sur la santé et la sécurité du travail, art. 322; Loi sur la santé et la sécurité du travail, art. 51 | Lorsqu’un travailleur exécute seul une tâche dans un lieu isolé où il ne peut demander de l’assistance, une méthode de surveillance efficace, continue ou intermittente, est exigée. La Loi impose aussi une information adéquate sur les risques ainsi qu’une formation, un entraînement et une supervision appropriés. 12,13 |
| Nouveau-Brunswick | Règlement sur le code de directives pratiques en matière de travail solitaire, 92-133; Règlement général, 91-191 | Établir un code comprenant les renseignements exigés, fournir l’équipement prévu, veiller à son application et former les travailleurs isolés et leurs surveillants. Dans les opérations de bûcheronnage et de sylviculture, le paragraphe 351(1) et l’alinéa 352a) du Règlement général interdisent le travail seul aux opérateurs de scies à chaîne, à broussailles ou à dégager. Lorsque l’article 51 sur le risque de noyade s’applique, le salarié seul doit porter un gilet de sauvetage (par. 51(4)). 14,15 |
| Nouvelle-Écosse | Occupational Health and Safety Act, art. 13; Lone Workers Information Guide | Les obligations générales de précaution, d’information, de formation et de supervision s’appliquent. Selon le guide de la Division SST, le travail seul n’est pas généralement interdit, mais certaines tâches, comme l’entrée dans un espace clos, exigent un surveillant. Évaluer les risques et prévoir des mesures raisonnables. 16,17 |
| Île-du-Prince-Édouard | Occupational Health and Safety Act General Regulations, partie 53 | Rédiger des procédures comprenant les six éléments exigés. Préciser les intervalles de vérification, la personne responsable, les registres, les mesures en cas de contact manqué — dont le sauvetage d’urgence — et la vérification en fin de quart. L’employeur et le travailleur doivent les respecter. Former les travailleurs isolés et leurs superviseurs à ces procédures. 18 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | Occupational Health and Safety Regulations, 2012, art. 15 | Évaluer les risques et mettre en place des mesures. Établir une procédure écrite avec intervalles, personne désignée, registres et mesures en cas de contact manqué ou d’urgence. Consulter le travailleur et le comité, le représentant ou la personne désignée applicable. Revoir la procédure au moins chaque année, et plus tôt dans les circonstances précisées. 19 |
| Yukon | Loi sur la sécurité et l’indemnisation des travailleurs (LY 2021, ch. 11), art. 27; Règlement sur la santé et la sécurité sur les lieux de travail (Décret 2006/178), al. 4.10(3)d) | Fournir un lieu de travail sécuritaire, des renseignements sur les dangers, des instructions, une formation et une supervision. L’alinéa 27(1)f) impose expressément de faire des efforts pour vérifier la santé et la sécurité des travailleurs qui pourraient ne pas pouvoir obtenir d’assistance en cas de blessure ou d’autre malchance. Un opérateur de scie à chaîne ne doit pas travailler seul lors d’une opération forestière. 20,21 |
| Territoires du Nord-Ouest | Règlement sur la santé et la sécurité au travail (R-039-2015), art. 33 | La définition vise le seul travailleur d’un site lorsque l’aide d’un secouriste n’est pas facilement disponible en cas de blessure ou d’urgence. Relever les dangers en consultation et prendre des mesures raisonnables pour éliminer ou réduire les risques, dont un système de communication efficace. 22 |
| Nunavut | Règlement sur la santé et la sécurité au travail (R-003-2016), art. 33 | La définition vise le seul travailleur d’un site lorsque l’aide d’un secouriste n’est pas facilement disponible en cas de blessure ou d’urgence. Relever les dangers en consultation et prendre des mesures raisonnables pour réduire les risques, dont un système de communication efficace. 23 |
De quelle formation les travailleurs isolés et leurs superviseurs ont-ils besoin?
La formation en sécurité des travailleurs isolés apprend aux personnes qui travaillent seules ou sans supervision directe à reconnaître une situation d’isolement, à suivre les procédures de vérification de leur employeur et à réagir lorsqu’un problème survient. Elle aborde l’évaluation des risques, le repérage des dangers, les systèmes de communication, les protocoles de vérification, les interventions d’urgence et l’équipement de protection individuelle. Un cours général de sensibilisation s’adresse aux travailleurs isolés ainsi qu’aux personnes qui les supervisent. Cette distinction compte : le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard exigent aussi la formation des superviseurs. 1,14,18
Qui est responsable de la sécurité des travailleurs isolés?
L’employeur est responsable de mettre en place les moyens de communication et les autres mesures exigés pour le travail en isolement. Il doit prendre en charge les risques avant d’affecter une personne au travail, fournir l’équipement prévu par ses procédures et former les travailleurs aux procédures applicables. Les superviseurs assurent le suivi quotidien : ils veillent au respect des procédures et à la réalisation des vérifications. 8,7,14,18
Les travailleurs ont aussi leurs propres obligations légales, notamment suivre les procédures applicables et signaler les dangers. L’Île-du-Prince-Édouard le précise expressément : l’employeur et le travailleur doivent tous deux respecter les procédures de travail en isolement. La mise en place du système demeure toutefois la responsabilité de l’employeur. 14,18,16
Qui devrait être formé sur le travail en isolement?
Des situations de travail en isolement peuvent survenir dans les secteurs suivants. Il s’agit d’exemples d’exposition, pas d’une autorisation d’effectuer toutes les tâches seul : 1,15
- Construction — sites isolés et zones hors de la vue des collègues; certaines tâches à haut risque exigent une autre personne.
- Soins de santé et soins à domicile — personnel infirmier et personnel de soutien se rendant seul au domicile des patients.
- Services publics et entretien — équipes de gaz, d’eau et d’électricité intervenant dans des endroits éloignés ou inoccupés.
- Transport et livraison — camionneurs, livreurs, chauffeurs de taxi ou de services de transport passant de longues heures seuls sur la route.
- Agriculture — agriculteurs et conducteurs de machines travaillant seuls dans des champs éloignés.
- Sécurité — agents effectuant des patrouilles seuls, surtout la nuit.
- Foresterie — personnes travaillant en terrain éloigné, loin des secours, sous réserve de restrictions comme celles concernant les scies à chaîne indiquées plus haut.
- Pétrole et gaz — opérateurs travaillant à des puits et dans des installations en région éloignée.
- Immobilier — courtiers faisant visiter seuls des propriétés à des clients inconnus.
- Services sociaux — intervenants effectuant des visites à domicile ou du travail de proximité.
- Commerce de détail et restauration — commis et préposés travaillant seuls, notamment la nuit dans les stations-service et les dépanneurs, des situations expressément réglementées en Colombie-Britannique et en Alberta.
Dans chacun de ces milieux, un danger existant peut avoir des conséquences plus graves si personne n’est là pour intervenir. 1
Peut-on suivre la formation en ligne?
Oui, un cours général de sensibilisation à la sécurité des travailleurs isolés peut se suivre entièrement en ligne. Le contenu porte sur des connaissances : reconnaître les situations d’isolement, comprendre les procédures de vérification et les systèmes de communication, et savoir comment réagir lorsqu’un problème survient. La formation en sécurité des travailleurs isolés d’eSafetyFirst affiche une durée d’environ 45 minutes, deux modules et deux tests.
Un cours général en ligne ne remplace pas la formation propre à l’employeur sur les procédures du site, le système de vérification ou le code de directives pratiques. Plusieurs administrations l’exigent précisément : en Colombie-Britannique, le travailleur et la personne chargée des vérifications doivent recevoir une formation sur la procédure écrite de l’employeur; au Nouveau-Brunswick, la formation porte sur son code; à l’Île-du-Prince-Édouard, elle porte sur ses procédures. Vérifiez auprès de votre employeur ce qu’il devra vous enseigner en complément du cours. 7,14,18
Que doit-on enseigner aux travailleurs sur le travail en isolement?
Plusieurs dispositions sur le travail en isolement précisent ce que les procédures et la formation de l’employeur doivent couvrir. Un plan de formation utile aborde les sujets suivants et enseigne les mesures réellement utilisées dans le milieu de travail : 7,14,18,10,9
- Reconnaître les situations de travail en isolement et leurs dangers — comprendre à quel moment l’aide cesse d’être rapidement disponible et ce que cela change.
- Évaluer les risques avant de commencer — relever ce qui pourrait mal tourner selon la tâche, le lieu et la personne.
- Procédures de vérification — comprendre le fonctionnement concret de la procédure écrite exigée, tant pour le travailleur que pour la personne désignée.
- Systèmes de communication — choisir un équipement adapté au lieu et savoir quoi faire lorsque la couverture fait défaut.
- Intervention d’urgence — savoir ce qui se passe dès qu’une vérification est manquée.
- Code de directives pratiques ou procédures de travail sécuritaires — travailler selon le document et comprendre les obligations de chacun.
- Violence et contacts avec le public — connaître les mesures supplémentaires liées au commerce de détail, au travail de nuit et aux visites chez des clients.
La loi fixe-t-elle une date d’expiration pour la formation?
Les dispositions générales sur le travail en isolement examinées dans ce guide ne fixent pas de durée de validité pancanadienne pour un certificat de sensibilisation. Elles imposent des obligations aux employeurs plutôt que des conditions de validité aux certificats. Le certificat eSafetyFirst de formation sur la sécurité des travailleurs isolés porte une échéance imprimée de trois ans à compter de la fin de la formation; il s’agit de la période de renouvellement de notre programme, et non d’une exigence légale. Un certificat ne remplace pas la connaissance à jour des procédures utilisées au travail. 7,14,18,10
Actualisez les instructions données aux travailleurs lorsque des changements aux dangers ou aux procédures le rendent nécessaire. Les lois imposent aussi des échéances de révision des procédures de l’employeur. La Colombie-Britannique et Terre-Neuve-et-Labrador exigent de revoir la procédure écrite de vérification au moins chaque année, et plus tôt dans les circonstances précisées. Le Manitoba exige de revoir et de réviser les procédures au moins tous les trois ans, ou plus tôt si des changements au travail présentent un risque. Ces obligations concernent la révision des procédures, pas l’expiration d’un certificat. 7,19,10
Points clés à retenir
Le travail seul est généralement permis au Canada, mais certaines tâches et certains secteurs l’interdisent ou exigent une autre personne. La première question est donc de savoir si la tâche précise peut légalement être effectuée par une personne seule. Si c’est le cas, il faut évaluer les risques, mettre en place les mesures et procédures requises et former les personnes qui les utilisent. Un système de vérification doit prévoir des intervalles clairs, une personne désignée pour intervenir et un plan d’urgence permettant de rejoindre le travailleur. 1,5
Ressources et guides
- 1
- 2
- 3Gouvernement du Canada, Code canadien du travail, art. 124
- 4Gouvernement du Canada, Code canadien du travail, art. 122
- 5Gouvernement du Canada, Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail (DORS/86-304)
- 6Programme du travail, Personnes qui travaillent seules, IPG-059
- 7Colombie-Britannique, Occupational Health and Safety Regulation, partie 4 (anglais)
- 8
- 9
- 10
- 11
- 12Gouvernement du Québec, Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RLRQ, c. S-2.1, r. 13), art. 322
- 13Gouvernement du Québec, Loi sur la santé et la sécurité du travail (RLRQ, c. S-2.1), art. 51
- 14
- 15Travail sécuritaire NB, Travail solitaire, avec extraits du Règlement général 91-191
- 16
- 17Nouvelle-Écosse, Lone Workers Information Guide (anglais)
- 18Île-du-Prince-Édouard, Occupational Health and Safety Act General Regulations, partie 53 (anglais)
- 19Terre-Neuve-et-Labrador, Occupational Health and Safety Regulations, 2012, art. 15 (anglais)
- 20
- 21
- 22Territoires du Nord-Ouest, Règlement sur la santé et la sécurité au travail (R-039-2015), art. 33 (texte bilingue)
- 23
Dernière mise à jour : 21 octobre 2026