Quels sont les dangers en milieu de travail? Types, exemples et lois au Canada

22 min de lecture
Superviseur et travailleur, casques et vêtements haute visibilité, repérant ensemble un danger sur un chantier
Écouter cet article
00:00 minutes

Le bilan des accidents du travail demeure lourd au Canada : selon l'Association des commissions des accidents du travail du Canada (ACATC), 1 046 décès liés au travail ont été enregistrés au Canada en 2024, dont 40 chez de jeunes travailleurs de 15 à 24 ans 1. La plupart des incidents remontent à un danger que personne n'a reconnu à temps. Ce guide présente ce que sont les dangers en milieu de travail, les six types avec des exemples, le fonctionnement de l'identification et de l'évaluation des dangers, les lois qui font de la sensibilisation aux dangers une obligation de l'employeur, et la formation qui s'y rattache.

Que sont les dangers en milieu de travail?

Un danger en milieu de travail est toute source potentielle de préjudice dans un environnement de travail. Les dangers en milieu de travail sont les conditions, les situations ou les facteurs présents dans un environnement de travail qui peuvent causer un préjudice, une blessure, une maladie ou des dommages aux employés, aux visiteurs et au milieu environnant 2. Certains sont immédiats et visibles, comme une machine sans protecteur ou un déversement en travers d'une allée. D'autres s'installent sans bruit au fil des mois, comme l'exposition au bruit, les mouvements répétitifs ou une charge de travail que personne n'a remise en question. La sensibilisation aux dangers consiste à reconnaître les dangers en milieu de travail, ceux qui sont visibles comme ceux qui s'installent lentement, avant qu'ils ne causent un préjudice.

Quels sont les principaux types de dangers en milieu de travail?

Une façon courante de classer les dangers en milieu de travail est de les répartir en six catégories : les dangers physiques, chimiques, biologiques, ergonomiques, psychosociaux et liés à la sécurité 2.

Que sont les dangers physiques?

Les dangers physiques viennent de l'énergie et de l'environnement plutôt que d'une substance : le bruit, les vibrations, les rayonnements, les températures extrêmes et les pressions extrêmes 2. Le préjudice est souvent cumulatif, de sorte qu'un lieu de travail peut paraître tout à fait normal pendant que l'exposition s'accumule. L'exposition prolongée à des machines bruyantes cause une perte auditive permanente, et le travail par grande chaleur ou par grand froid comporte ses propres risques pour la santé.

Que sont les dangers chimiques?

Les dangers chimiques viennent des gaz, des liquides, des poussières et des fumées nocifs, des solvants et des pesticides aux fibres d'amiante et aux substances inflammables ou explosives. L'amiante en est l'exemple le plus net : les fibres sont libérées lorsque d'anciens matériaux de construction sont coupés, percés ou démolis, et leur inhalation est liée à de graves maladies pulmonaires. Les fournisseurs doivent classer et étiqueter les produits dangereux qu'ils vendent aux lieux de travail 10; savoir lire une étiquette et une fiche de données de sécurité fait donc partie de la sensibilisation aux dangers chimiques.

Que sont les dangers biologiques?

Les dangers biologiques sont les bactéries, les virus, les champignons et les autres agents infectieux 2. Ils sont surtout présents dans les milieux de soins de santé et les laboratoires, où le personnel soigne des patients et manipule des échantillons et des cultures. On les trouve aussi dans la gestion des déchets, en agriculture et dans tout travail où interviennent des liquides organiques ou des matières contaminées.

Que sont les dangers ergonomiques?

Les dangers ergonomiques viennent de la façon dont le travail est physiquement exécuté : les mouvements répétitifs, le levage et le transport de charges, et un poste de travail mal aménagé 2. La blessure se développe avec le temps plutôt qu'en un instant; c'est pourquoi une tâche qui semble supportable pendant une heure peut causer une lésion musculosquelettique en quelques mois. La manutention manuelle et le travail de bureau sont tous deux concernés.

Que sont les dangers psychosociaux?

Les dangers psychosociaux viennent de la façon dont le travail est organisé et dont les personnes sont traitées : le stress, la charge de travail excessive, la violence, l'intimidation et le harcèlement 2. Ils sont plus difficiles à montrer du doigt qu'un déversement ou un protecteur desserré, et ils sont souvent signalés tard, ou pas du tout. Ils relèvent de la même obligation de l'employeur d'offrir un lieu de travail sécuritaire que tout autre danger.

Que sont les dangers liés à la sécurité?

Les dangers liés à la sécurité sont les mécanismes de blessure de tous les jours d'un lieu de travail : les glissades et les trébuchements, la protection inadéquate des machines, et les défectuosités et les pannes de l'équipement 2. Ils comptent pour une grande part des blessures avec perte de temps, précisément parce qu'ils paraissent ordinaires. C'est par l'entretien des lieux, la protection des machines et la maintenance qu'on les maîtrise.

Qu'est-ce qu'une évaluation des dangers en milieu de travail?

Une évaluation des dangers en milieu de travail est le processus structuré qui consiste à trouver les dangers avant qu'ils ne causent un préjudice et à décider quoi en faire. Le cycle est le même partout au Canada : identifier les dangers, évaluer le risque que pose chacun, le maîtriser, et former les travailleurs sur les dangers qui subsistent 12.

Qu'est-ce que l'identification des dangers?

L'identification des dangers est la première étape du cycle : repérer les dangers du travail, du lieu de travail et de l'équipement avant qu'ils ne causent un préjudice, au moyen des inspections, de la consultation des travailleurs et des registres des incidents et des premiers soins 12.

Comment le risque est-il évalué et maîtrisé?

Chaque danger est ensuite évalué selon le risque qu'il pose : la gravité du préjudice possible, sa probabilité et les personnes exposées.

La maîtrise suit une hiérarchie : éliminer le danger lorsque c'est raisonnablement possible, puis le réduire ou l'isoler par des moyens d'ingénierie, puis gérer l'exposition restante au moyen de procédures et d'équipement de protection 3. Que l'élimination vienne en premier fait consensus partout au Canada, mais le reste de l'ordre de priorité est fixé par la loi de chaque administration et n'est pas identique partout. Fiez-vous donc à la disposition qui s'applique à vous plutôt qu'à une hiérarchie générique.

La loi fédérale en donne la forme : les employeurs de compétence fédérale sont tenus « d'élaborer et de mettre en oeuvre un programme réglementaire de prévention des risques professionnels … et d'en contrôler l'application » 4. Ce programme s'accompagne d'une méthode de recensement et d'évaluation des risques et de mesures de prévention prises selon un ordre de priorité fixé par règlement 8. Plusieurs provinces inscrivent le même mécanisme dans leurs propres codes, certaines avec l'obligation de consigner l'évaluation dans un rapport; la disposition de votre administration figure dans le tableau ci-dessous.

Quelle est la législation fédérale sur les dangers en milieu de travail?

Pour les lieux de travail sous réglementation fédérale — les banques, les télécommunications, le transport interprovincial et le reste du secteur fédéral — le Code canadien du travail fixe le cadre. Les textes fédéraux emploient le terme « risque » là où ce guide parle de « danger »; les citations qui suivent reprennent le vocabulaire officiel. L'employeur a :

  • l'obligation générale de veiller à la protection de ses employés en matière de santé et de sécurité (art. 124) 5;
  • l'obligation « de veiller à ce que soient portés à l'attention de chaque employé les risques connus ou prévisibles que présente pour sa santé et sa sécurité l'endroit où il travaille » (al. 125(1)s)) 4;
  • l'obligation d'offrir « l'information, la formation, l'entraînement et la surveillance nécessaires pour assurer sa santé et sa sécurité » (al. 125(1)q)) 4;
  • l'obligation relative au programme de prévention citée plus haut (al. 125(1)z.03)) 4.

La partie XIX du Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail (RCSST) donne à ce programme son mécanisme 6. Elle prévoit une méthode de recensement et d'évaluation des risques fondée sur les rapports d'enquête, les registres de premiers soins et les inspections du lieu de travail (art. 19.3) 7, ainsi que l'obligation de recenser et d'évaluer les risques selon cette méthode (art. 19.4). Les mesures de prévention suivent un ordre de priorité fixe (par. 19.5(1)) :

  • l'élimination du risque, notamment par des mécanismes techniques (a);
  • la réduction du risque, notamment par son isolation (b);
  • la fourniture de matériel, d'équipement, de dispositifs ou de vêtements de protection personnels (c);
  • l'établissement de procédures administratives, telles que la gestion des durées d'exposition et de récupération (d) 8.

Les employeurs sous réglementation fédérale noteront que cette séquence place l'équipement de protection avant les procédures administratives. C'est l'inverse de la hiérarchie générique des mesures de contrôle, où les mesures administratives précèdent l'équipement de protection 3; c'est donc l'ordre du règlement qui prévaut.

Deux autres lois fédérales touchent les dangers en milieu de travail par leurs marges. La Loi sur les produits dangereux régit la façon dont les fournisseurs classent et étiquettent les produits dangereux qu'ils vendent aux lieux de travail (le volet fournisseurs du SIMDUT) 10. La Loi de 1992 sur le transport des marchandises dangereuses régit les marchandises dangereuses en cours de transport 11.

Quelles normes CSA portent sur les dangers en milieu de travail?

La principale norme CSA sur les dangers en milieu de travail est la CSA Z1002:F12 (C2022), Santé et sécurité au travail — Identification et élimination des phénomènes dangereux et appréciation et maîtrise du risque, qui donne sa méthode au cycle d'évaluation des dangers. Il s'agit de la norme canadienne sur la façon d'identifier les dangers, d'apprécier le risque et de choisir puis de vérifier les mesures de maîtrise 13. Son pendant pour les systèmes de gestion est la CSA Z45001:F19 (C2023), l'adoption canadienne de la norme ISO 45001 — la norme-cadre pour gérer la santé et la sécurité comme un système 14. La CSA a depuis retiré l'ancienne norme CSA Z1000 15; la Z45001 est donc la référence actuelle en matière de systèmes de gestion.

Au-delà de ces deux normes-cadres, la CSA publie des normes propres à certains dangers que les règlements de SST partout au Canada incorporent par renvoi. C'est le cas, par exemple, de la CSA Z460 sur la maîtrise des énergies dangereuses (cadenassage) et de la CSA Z94.4 sur le choix, l'utilisation et l'entretien des appareils de protection respiratoire, toutes deux citées par le règlement du Manitoba 23. Les normes deviennent obligatoires lorsque la législation les incorpore; à elles seules, ce sont des références d'application volontaire.

Quelles sont les règles provinciales et territoriales sur les dangers en milieu de travail?

Au Canada, la santé et la sécurité au travail relèvent surtout des provinces et des territoires; le texte applicable dépend donc de l'endroit où le travail s'exécute. Le fil conducteur des lignes du tableau est que la plupart des administrations canadiennes inscrivent expressément dans la loi l'obligation de sensibilisation aux dangers, en exigeant que les travailleurs soient informés ou mis au courant des dangers de leur travail. Neuf imposent cette obligation à l'employeur — le régime fédéral, l'Ontario, la Colombie-Britannique, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador et le Yukon — et l'Alberta impose une obligation équivalente aux superviseurs. Ces dispositions sont citées dans les lignes ci-dessous. Les autres administrations arrivent au même résultat par des obligations d'information et de formation.

Fédéral
Ce qu'elle exige
L'employeur doit « veiller à ce que soient portés à l'attention de chaque employé les risques connus ou prévisibles que présente pour sa santé et sa sécurité l'endroit où il travaille » (al. 125(1)s)); information, formation, entraînement et surveillance (al. 125(1)q)); un programme réglementaire de prévention des risques professionnels (al. 125(1)z.03)); une méthode de recensement et d'évaluation des risques, le recensement et l'évaluation eux-mêmes, et des mesures de prévention selon un ordre de priorité établi (art. 19.3 à 19.5)
Ontario
Ce qu'elle exige
L'employeur « informe le travailleur, ou la personne qui exerce son autorité sur celui-ci, des risques que comportent le travail et la manipulation, l'entreposage, l'utilisation, l'élimination et le transport de tout objet, appareil, matériel ou agent biologique, chimique ou physique » (al. 25(2)d)); renseignements, directives et surveillance (al. 25(2)a)); « toutes les précautions raisonnables dans les circonstances » (al. 25(2)h)); un comité mixte sur la santé et la sécurité au travail est en général exigé dans les lieux de travail de 20 travailleurs ou plus, sous réserve des exceptions et des cas additionnels prévus à l'art. 9
Colombie-Britannique
Ce qu'elle exige
Les travailleurs doivent être mis au courant de tous les dangers connus ou raisonnablement prévisibles pour la santé ou la sécurité auxquels leur travail est susceptible de les exposer (sous-al. 21(2)b)(i)); information, instructions, formation et supervision (al. 21(2)e)); corriger les conditions dangereuses (al. 21(2)a))
Alberta
Ce qu'elle exige
Le régime d'évaluation le plus détaillé : évaluer le lieu de travail et repérer les dangers avant le début des travaux (Code, par. 7(1)); préparer un rapport de l'évaluation et des méthodes de maîtrise (par. 7(2)); faire participer les travailleurs concernés (par. 8(1)); éliminer d'abord, maîtriser si l'élimination n'est pas raisonnablement possible (art. 9). L'obligation de sensibilisation aux dangers repose sur les superviseurs : le superviseur doit informer chaque travailleur de tous les dangers connus ou raisonnablement prévisibles dans son secteur (Loi, al. 4b)). L'employeur doit veiller à ce que les travailleurs connaissent leurs droits et leurs obligations (Loi, al. 3(1)b)) et soient adéquatement formés (Loi, par. 3(2))
Saskatchewan
Ce qu'elle exige
Former chaque travailleur sur tout ce qui est nécessaire à la protection de sa santé et de sa sécurité au début de l'emploi, puis de nouveau lors de tout passage à un travail qui diffère sur le plan des dangers; la formation doit porter sur les précautions à prendre contre les dangers physiques, chimiques ou biologiques (al. 3-8(2)d)) — une obligation de formation liée aux dangers plutôt qu'une obligation expresse de sensibilisation
Manitoba
Ce qu'elle exige
Obligation générale (par. 4(1)); « les renseignements, les instructions, l'entraînement, la surveillance et les moyens d'assurer, dans la mesure du possible, leur sécurité, leur santé et leur bien-être » (al. 4(2)b)); des travailleurs « au courant des risques auxquels peuvent être exposées la santé et la sécurité des travailleurs dans l'exercice de leurs fonctions » (al. 4(2)c)); toute évaluation des risques qu'exigent la Loi ou ses règlements doit être effectuée par une personne compétente (al. 4(2)d.1))
Québec
Ce qu'elle exige
« Utiliser les méthodes et techniques visant à identifier, contrôler et éliminer les risques » (art. 51, par. 5°); informer adéquatement le travailleur sur les risques reliés à son travail et lui assurer la formation appropriée (art. 51, par. 9°); un programme de prévention fondé sur l'identification et l'analyse des risques dans chaque établissement groupant au moins 20 travailleurs, et un plan d'action dans les plus petits (art. 58, 59 et 61.1)
Nouveau-Brunswick
Ce qu'elle exige
« Prendre toutes les précautions raisonnables pour protéger la santé et la sécurité de ses salariés » (al. 9(1)a)); des installations et des outils maintenus en bon état et présentant un minimum de risque (al. 9(2)a)); une inspection mensuelle pour repérer tout risque (al. 9(2)a.1)); « informer les salariés des dangers relativement à l'usage, à la manutention, à l'entreposage, à l'élimination et au transport » d'un outil, d'un équipement, d'une machine, d'un dispositif ou d'un agent biologique, chimique ou physique (al. 9(2)b)); les obligations particulières se trouvent dans le Règlement 91-191
Nouvelle-Écosse
Ce qu'elle exige
Information, instructions, formation, supervision et installations (al. 13(1)c)); les employés, et en particulier les superviseurs et les contremaîtres, doivent être mis au courant de tout danger pour la santé ou la sécurité qu'ils peuvent rencontrer au lieu de travail (al. 13(1)d))
Île-du-Prince-Édouard
Ce qu'elle exige
Information, instructions, formation, supervision et installations (al. 12(1)c)); les travailleurs et les superviseurs doivent connaître les dangers pour la santé ou la sécurité présents au lieu de travail (al. 12(1)d))
Terre-Neuve-et-Labrador
Ce qu'elle exige
Obligation générale (art. 4); information, instructions, formation et supervision (al. 5b)); les travailleurs et les superviseurs doivent être mis au courant des dangers pour la santé ou la sécurité qu'ils peuvent rencontrer au lieu de travail (al. 5c))
Yukon
Ce qu'elle exige
Des travailleurs « mis au courant de tous les dangers ou dangers potentiels, connus ou raisonnablement prévisibles, auxquels ils risquent d'être exposés du fait de leur travail » (sous-al. 27b)(i)) et informés de leurs droits et de leurs responsabilités (sous-al. 27b)(ii)); « les renseignements, les instructions, la formation, la supervision et les installations nécessaires à l'exécution du travail en toute sécurité » (al. 27c))
Territoires du Nord-Ouest
Ce qu'elle exige
Des méthodes de travail et un environnement de travail sécuritaires (al. 12a)); « les renseignements, les directives, la formation et la supervision nécessaires pour assurer la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs » (al. 12c))
Nunavut
Ce qu'elle exige
Les deux mêmes obligations, dans les mêmes termes que ceux des Territoires du Nord-Ouest : des méthodes de travail et un environnement de travail sécuritaires (al. 12a)); l'information, les directives, la formation et la supervision nécessaires à la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs (al. 12c))

Deux de ces lignes sont récentes. Au Yukon, la Loi sur la sécurité et l'indemnisation des travailleurs a remplacé l'ancienne Loi sur la santé et la sécurité au travail le 1er juillet 2022 31. Au Québec, le Règlement sur les mécanismes de prévention et de participation en établissement est entré en vigueur le 1er octobre 2025. Il détermine les règles relatives au programme de prévention, au plan d'action, au comité de santé et de sécurité et au représentant en santé et en sécurité 25.

Qui est responsable de la sensibilisation aux dangers en milieu de travail?

L'employeur — dans toutes les administrations canadiennes. Tous les régimes de SST au Canada imposent les deux mêmes obligations aux employeurs : maintenir un lieu de travail sécuritaire, et veiller à ce que les travailleurs reçoivent l'information, les directives, la formation et la supervision que leur travail exige. La plupart des administrations vont plus loin et inscrivent la sensibilisation aux dangers dans la loi presque mot pour mot. Neuf exigent que les travailleurs soient informés ou mis au courant des dangers de leur travail. L'Alberta impose la même obligation aux superviseurs, qui doivent informer les travailleurs de tous les dangers connus ou raisonnablement prévisibles dans leur secteur. Chaque disposition exacte figure dans le tableau ci-dessus.

Les travailleurs tiennent partout l'autre bout du marché : suivre la formation reçue, utiliser les protections exigées et signaler les dangers qu'ils repèrent. C'est par les signalements que le système apprend. Bien des travailleurs suivent aussi une formation de sensibilisation aux dangers de leur propre initiative, pour étoffer leur curriculum vitæ avant de postuler à des emplois où la sécurité est critique.

Quels travailleurs doivent connaître les dangers de leur travail?

Chaque travailleur doit connaître les dangers de son propre travail : c'est l'objet des obligations de l'employeur présentées dans le tableau ci-dessus. La formation générale de sensibilisation aux dangers en milieu de travail en est la base, et certains secteurs comportent une charge de dangers plus lourde que d'autres :

  • La construction — les chutes de hauteur, l'équipement et les véhicules en mouvement, les dangers électriques, la silice et les autres poussières
  • La fabrication — les pièces mobiles non protégées, le bruit, l'exposition aux produits chimiques et les énergies dangereuses pendant la maintenance
  • Les soins de santé — les agents infectieux, les blessures par objets pointus ou tranchants, la manutention des patients et la violence au travail
  • L'agriculture — le happement par les machines, les pesticides, les espaces clos comme les cellules à grains, et le bétail
  • Le transport — les collisions de véhicules, les blessures au chargement et au déchargement, et les marchandises dangereuses en transit

Les travailleurs de l'Ontario ont aussi un programme distinct et obligatoire de formation élémentaire de sensibilisation à la santé et à la sécurité au travail 17. Les exigences varient selon l'administration et le lieu de travail; vérifiez donc auprès de l'organisme de réglementation de votre province ou territoire, ou auprès du représentant en santé et sécurité de votre employeur, ce qui s'applique à vous.

Peut-on suivre la formation en ligne?

Oui — le contenu de sensibilisation est théorique, et il peut être suivi entièrement en ligne.

Ce qu'un cours en ligne ne peut pas faire, c'est remplir à lui seul toutes les obligations de formation. La formation générale de sensibilisation est la base. Les obligations rattachées à un lieu de travail, à une tâche, à un équipement ou à une compétence à démontrer doivent être remplies sur le lieu de travail, et certaines sont prescrites séparément. L'Ontario, par exemple, prescrit sa propre formation élémentaire de sensibilisation à la santé et à la sécurité au travail dans le Règl. de l'Ont. 297/13 17. Ce sont les employeurs qui choisissent le niveau de formation dont leur lieu de travail a besoin; vérifiez donc ce que le vôtre accepte avant de vous en remettre à un seul cours.

Que devrait couvrir un programme de sensibilisation aux dangers?

Il n'existe pas de programme d'études unique à l'échelle du Canada pour la formation générique de sensibilisation aux dangers, et les obligations légales diffèrent d'une administration à l'autre. Lues les unes à la lumière des autres, elles pointent toutefois vers un ensemble cohérent de résultats, et un cours qui en vaut la peine devrait rendre le travailleur capable de tout ce qui suit :

  • Reconnaître les six types de dangers — les dangers physiques, chimiques, biologiques, ergonomiques, psychosociaux et liés à la sécurité — et les formes qu'ils prennent dans son secteur
  • Comprendre le fonctionnement de l'identification et de l'évaluation — les inspections, la consultation des travailleurs, les registres des incidents et des premiers soins, et la façon de juger le risque
  • Appliquer la hiérarchie des mesures de contrôle — éliminer d'abord le danger, puis le réduire ou l'isoler, puis gérer ce qui reste au moyen de procédures et d'équipement de protection, et vérifier l'ordre de priorité inscrit dans la loi qui s'applique
  • Connaître ses droits et ses obligations — le droit de savoir, le droit de participer et le droit de refuser un travail dangereux 34; l'obligation de travailler selon la formation reçue et d'utiliser les protections exigées
  • Signaler les dangers et les incidents — à un superviseur ou à un représentant en santé et sécurité, pour que le danger soit maîtrisé au lieu de se répéter
  • Savoir quand une nouvelle formation s'impose — de nouvelles tâches, un nouvel équipement, ou le passage à un travail dont les dangers diffèrent
  • Connaître la loi et le programme de son employeur — un aperçu de la loi et des règlements de SST qui s'appliquent à soi, ainsi que le programme de prévention des dangers, les procédures, les plans et les politiques que l'employeur doit avoir en place 9,21
  • Connaître les dispositions d'urgence du lieu de travail — la marche à suivre en cas d'incendie ou d'autre urgence, l'emplacement des installations de premiers soins et les zones interdites ou à accès restreint 21

La loi fixe-t-elle une date d'expiration pour la formation?

Il n'existe pas de période d'expiration légale unique à l'échelle du Canada pour un certificat générique de sensibilisation aux dangers, et la norme CSA Z1002 est une norme d'évaluation des dangers plutôt qu'une norme de formation; elle ne fixe donc aucun cycle de renouvellement non plus. Le certificat Sensibilisation aux dangers en milieu de travail d'eSafetyFirst porte une échéance imprimée de trois ans à compter de la fin de la formation; c'est la pratique de notre programme, et non une exigence légale.

Les exigences qu'un règlement prescrit expressément — les certificats de secourisme, les essais d'ajustement des appareils de protection respiratoire et d'autres programmes prescrits — peuvent comporter leurs propres règles de renouvellement; vérifiez donc celles qui s'appliquent à votre travail. C'est la loi fédérale qui s'approche le plus d'un cycle pour la formation générale : l'employeur sous réglementation fédérale doit réviser son programme de formation des employés « au moins tous les trois ans » (RCSST, par. 19.6(3)) 9. Il s'agit d'une révision du programme de l'employeur, et non d'une date d'expiration sur le certificat de qui que ce soit.

Ce que la loi fixe, ce sont les déclencheurs — plusieurs administrations exigent une nouvelle formation lorsque les tâches, l'équipement ou les dangers du lieu de travail changent 9,21. Si cela se produit avant l'échéance imprimée, renouvelez votre formation plus tôt.

Points clés à retenir

Les dangers se répartissent en six types, et la loi attend de chaque lieu de travail qu'il les trouve, les évalue, les maîtrise dans l'ordre — et veille à ce que les travailleurs les connaissent. Dans la plupart des administrations canadiennes, cette obligation de sensibilisation est inscrite dans la loi mot pour mot. La formation de sensibilisation aux dangers est la façon dont les travailleurs assument leur part de ce système.

Ressources et guides

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

Avez-vous trouvé cet article utile?
eSafetyFirst - À propos de nos Normes éditoriales
Rédigé et révisé par l'équipe de contenu SST d'eSafetyFirst.