Règles de température au travail au Canada — stress thermique

26 min de lecture
Travailleur extérieur prenant une pause d'hydratation à l'ombre par temps chaud
Écouter cet article
00:00 minutes

Au Canada, on travaille par des étés à +30 °C et des hivers à −30 °C, et la loi ne laisse pas cela au hasard. Il n'existe pas de température de travail maximale ou minimale légale unique, mais chaque administration rend l'employeur responsable de protéger les travailleurs contre le stress dû à la chaleur et au froid. Plusieurs inscrivent les seuils directement dans la réglementation, du minimum intérieur de 18 °C en Ontario aux limites obligatoires de contrainte thermique au Québec. Ce guide présente en termes simples la réglementation canadienne sur la température au travail : ce que sont le stress dû à la chaleur et le stress dû au froid, les seuils de température et la façon de les mesurer, les exigences fédérales et provinciales, et la formation que les employeurs doivent assurer.

Que sont le stress dû à la chaleur et le stress dû au froid en milieu de travail?

Le stress dû à la chaleur est la charge thermique nette que subit le corps, provenant du travail lui-même, de l'environnement et des vêtements portés; la fatigue thermique est la réponse physiologique et comportementale du corps à cette chaleur. Il ne dépend pas seulement de ce qu'indique le thermomètre. L'humidité, la chaleur radiante du soleil ou de l'équipement, l'intensité du travail et la façon dont les vêtements ou l'équipement de protection retiennent la chaleur s'ajoutent tous à la charge 10. À mesure que le corps perd de l'eau et des sels par la transpiration, la fatigue thermique se manifeste par des crampes et une transpiration abondante, de la faiblesse, des étourdissements et des nausées. Dans sa forme la plus grave, elle se manifeste par la confusion et l'effondrement du coup de chaleur. Les symptômes varient selon le type et la gravité du malaise causé par la chaleur, et un malaise grave peut s'installer rapidement 11.

Le stress dû au froid est le problème inverse : le corps perd de la chaleur plus vite qu'il n'en produit, et la température centrale commence à baisser. Le vent et l'humidité l'aggravent, car tous deux retirent la chaleur de la peau bien plus vite qu'un air calme et sec à la même température. Il se manifeste d'abord aux extrémités et sur la peau exposée du visage, des mains et des pieds, par de l'engourdissement, des plaques pâles ou cireuses, de la maladresse et des frissons et, dans sa forme grave, par l'hypothermie 12.

Ensemble, le stress dû à la chaleur et le stress dû au froid forment le stress thermique, le terme des nouvelles dispositions fédérales (le règlement du Manitoba parle de « contraintes thermiques ») 18,7. Dans les deux cas, il est plus facile de prévenir que de traiter. Les travailleurs qui connaissent les premiers signes, et qui ont à leur disposition de l'eau, de l'ombre, des aires de réchauffement et les bons vêtements, risquent beaucoup moins d'en arriver au point où la situation devient une urgence.

Le stress dû à la chaleur et l'exposition au froid sont des exemples de dangers physiques — des agents présents au travail, comme le bruit, les vibrations et le rayonnement, qui nuisent au corps par des conditions physiques plutôt que par des produits chimiques. 13

Quels sont les signes et symptômes du stress dû à la chaleur et du stress dû au froid, et quels sont les premiers soins?

Ce guide porte sur six affections courantes liées à la chaleur et au froid, trois de chaque côté, des plus bénignes à celles qui mettent la vie en danger. Ce ne sont pas les seules : la syncope due à la chaleur et les éruptions miliaires, ainsi que les engelures et le pied d'immersion, surviennent aussi dans les milieux de travail canadiens 11,12.

Que sont les crampes de chaleur?

Les crampes de chaleur sont des spasmes musculaires douloureux, habituellement aux jambes, aux bras ou à l'abdomen, causés par l'eau et les sels perdus en transpirant abondamment. Amenez le travailleur dans un endroit frais, faites-le se reposer, donnez-lui de l'eau ou une boisson contenant des électrolytes et étirez doucement le muscle atteint 14. Ne le renvoyez pas tout de suite à un travail physique exigeant.

Qu'est-ce que l'épuisement par la chaleur?

L'épuisement par la chaleur signifie que le corps est en train de perdre la bataille pour se refroidir. Les signes sont une transpiration abondante, une peau fraîche et moite, de la faiblesse, des maux de tête, des étourdissements, des nausées et un pouls rapide et faible. Obtenez une aide médicale. Restez avec le travailleur, amenez-le dans un endroit frais ou ombragé, retirez les vêtements superflus, rafraîchissez la peau avec des linges humides ou un ventilateur et donnez-lui de l'eau ou une boisson pour sportifs s'il est capable de boire. L'épuisement par la chaleur peut évoluer rapidement vers le coup de chaleur : ne laissez donc pas le travailleur récupérer seul 11.

Qu'est-ce que le coup de chaleur?

Le coup de chaleur est une urgence médicale. La température normale du corps est d'environ 37 °C 8, et lors d'un coup de chaleur le corps perd la capacité de la régler : la température corporelle est souvent supérieure à 40 °C 11. Le travailleur peut avoir la peau chaude et sèche ou transpirer encore abondamment, avec de la confusion, un comportement altéré, des troubles de l'élocution, des convulsions ou une perte de conscience. Appelez immédiatement les services d'urgence. En attendant, amenez le travailleur à l'ombre ou dans un endroit frais, retirez les vêtements superflus et refroidissez-le énergiquement avec de l'eau, des linges mouillés ou des sacs de glace au cou, aux aisselles et aux aines. Ne donnez pas de liquide à un travailleur qui n'est pas pleinement conscient 11.

Qu'est-ce que la gelure superficielle?

La gelure superficielle est la forme légère de la gelure, et le signe avant-coureur de lésions aux tissus. La peau prend une teinte jaunâtre ou blanchâtre mais demeure souple au toucher, et il peut y avoir des picotements ou de l'engourdissement. Amenez le travailleur au chaud et réchauffez doucement la région avec la chaleur du corps ou de l'eau tiède, non chaude. Ne frottez pas la peau 8.

Qu'est-ce que la gelure?

La gelure est le gel de la peau et des tissus sous-jacents. La région est dure et cireuse au toucher, paraît blanche, grise ou marbrée et perd toute sensibilité. Amenez le travailleur dans un endroit chaud, retirez les vêtements mouillés ou trop serrés, protégez la région atteinte avec un pansement stérile lâche et obtenez des soins médicaux. Ne frottez pas la région et ne tentez pas de la dégeler sur place si elle risque de geler de nouveau, car un nouveau gel après le dégel aggrave les lésions aux tissus 12.

Qu'est-ce que l'hypothermie?

L'hypothermie s'installe lorsque la température centrale du corps tombe en dessous de 35 °C (95 °F). Des frissons incontrôlables, des troubles de l'élocution, de la maladresse, de la confusion et de la somnolence viennent d'abord et, dans les cas graves, les frissons cessent complètement, signe que le corps ne peut plus se réchauffer. Appelez à l'aide, amenez le travailleur dans un abri chaud, remplacez les vêtements mouillés par des couches sèches et enveloppez-le dans des couvertures, tête comprise. Les boissons chaudes et sucrées n'aident que si le travailleur est pleinement conscient, et l'alcool n'aide jamais 12.

Dans le travail au froid, le vent compte autant que la température affichée, car le refroidissement éolien décrit ce que le froid fait réellement à la peau exposée. Le risque d'effets sur la santé, notamment de brûlures dues au vent et de gelures, est plus élevé lorsque l'indice de refroidissement éolien est inférieur à −27 8.

Quelles sont les principales pratiques de sécurité contre la chaleur et le froid au travail?

Quelles sont les pratiques de sécurité pour le travail à la chaleur?

  • Buvez de l'eau régulièrement tout au long du quart, avant d'avoir soif, plutôt qu'en grande quantité à la pause.
  • Prenez vos pauses dans un endroit ombragé ou climatisé, et allongez-les et multipliez-les à mesure que la chaleur augmente.
  • Portez des vêtements légers et amples, dans un tissu qui respire.
  • Protégez-vous du soleil lorsque le travail se fait à l'extérieur : chapeau à large bord, écran solaire et ombre partout où l'on peut en installer. 31

Quelles sont les pratiques de sécurité pour le travail au froid?

  • Habillez-vous en couches, avec une couche extérieure coupe-vent et imperméable qui peut s'ouvrir pour laisser s'échapper la transpiration.
  • Couvrez la tête et protégez les mains avec des gants ou des mitaines adaptés à la tâche.
  • Portez des chaussures isolées et imperméables, avec une semelle antidérapante.
  • Utilisez des abris chauffés ou du chauffage portatif pour que les travailleurs se réchauffent avant d'avoir froid, et non après. 32

Quelles pratiques s'appliquent à la fois à la chaleur et au froid?

  • Formez les travailleurs à reconnaître les symptômes du stress dû à la chaleur et au froid chez eux-mêmes et chez leurs collègues.
  • Évaluez le risque avant le début du travail : les conditions, la charge de travail, les vêtements et l'EPI, et la durée de l'exposition.
  • Surveillez les conditions thermiques, ce que plusieurs administrations exigent par la loi lorsque l'environnement thermique peut présenter un danger, notamment la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut 19,20,21,23,28,29.
  • Gardez la communication ouverte, pour qu'un travailleur puisse signaler sans hésiter des conditions qui se détériorent ou des symptômes précoces.

La loi exige-t-elle que les travailleurs soient formés sur le stress dû à la chaleur et au froid?

La formation sur le stress dû à la chaleur et au froid enseigne aux travailleurs comment le corps réagit aux températures extrêmes. Elle leur apprend à reconnaître les crampes de chaleur, l'épuisement par la chaleur, le coup de chaleur, la gelure superficielle, la gelure et l'hypothermie chez eux-mêmes et chez leurs collègues, et à maîtriser l'exposition avant qu'elle ne tourne à l'urgence. La formation est aussi l'un des éléments exigés par les règles qui s'appliquent réellement à un milieu de travail. Le Manitoba et le Nouveau-Brunswick inscrivent dans leur règlement l'instruction sur les symptômes et les précautions 18,19, et le Yukon exige l'instruction sur les symptômes des troubles dus à la chaleur 29; les mesures, procédures et moyens de contrôle que ces mêmes règles exigent relèvent de l'employeur.

Qui est responsable de protéger les travailleurs contre le stress dû à la chaleur et au froid?

L'employeur est responsable. Partout au Canada, l'employeur doit protéger les travailleurs contre le stress dû à la chaleur et au froid, et dans certaines administrations la formation elle-même est prévue par règlement. Au Manitoba, par exemple, l'employeur doit donner aux travailleurs « des renseignements, des directives et de la formation » sur les symptômes relatifs aux contraintes thermiques et sur les précautions à prendre pour éviter les blessures 18. Le Nouveau-Brunswick exige qu'une personne compétente mesure et consigne les conditions thermiques 19; Terre-Neuve-et-Labrador, la Saskatchewan et les territoires exigent des instruments de mesure lorsque l'environnement thermique peut présenter un danger 20,28,21,23. Les travailleurs ont leur part : suivre la formation, utiliser les vêtements et l'EPI fournis et signaler tôt les symptômes — chez eux-mêmes ou chez un collègue.

Existe-t-il une température de travail maximale ou minimale légale au Canada?

Il n'existe pas de température de travail maximale ou minimale légale unique au Canada, mais les seuils sont bien plus concrets que la plupart des travailleurs ne le pensent. Plusieurs administrations fixent des minimums à l'intérieur, six provinces rendent obligatoires les limites d'exposition de l'ACGIH pour la chaleur et le froid, et deux administrations prescrivent la façon de mesurer la contrainte thermique.

  • Des minimums intérieurs existent. Le règlement ontarien sur les établissements industriels exige que les lieux de travail fermés soient maintenus à au moins 18 °C (avec des exceptions pratiques pour les congélateurs, les portes de chargement et autres cas semblables) 24. Le Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Édouard et le Québec fixent plutôt des minimums selon le type de travail, à environ 12 °C pour le travail lourd et 20 °C pour le travail léger 19,26,27. Au fédéral, les locaux réservés aux soins personnels et les aires de préparation des aliments doivent se situer entre 18 °C et 29 °C dans la mesure du possible 3.
  • Les limites de chaleur viennent des TLV de l'ACGIH. Les valeurs limites d'exposition (Threshold Limit Values) pour la contrainte thermique sont publiées par l'American Conference of Governmental Industrial Hygienists et conçues pour maintenir la température centrale du corps sous 38 °C. Elles ont force de loi en Colombie-Britannique, au Manitoba (qui nomme l'édition 2019), au Nouveau-Brunswick (édition 2016, y compris son régime travail-repos pour la chaleur et son régime travail-réchauffement pour le froid), en Nouvelle-Écosse, à l'Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador. Elles servent de référence dans les lignes directrices de l'Ontario sur le stress dû à la chaleur 9.
  • Deux administrations prescrivent la méthode de mesure. Au Québec, la contrainte thermique se mesure par la méthode WBGT en vertu du règlement lui-même et, lorsque l'indice dépasse la courbe de travail continu, l'employeur doit assurer une surveillance médicale, de l'eau entre 10 et 15 °C et une douche par 15 travailleurs exposés 27. Au Yukon, lorsque la chaleur peut entraîner des problèmes de santé, l'indice thermique doit être calculé et enregistré par la méthode WBGT ou WGT. Les limites de travail continu baissent à mesure que la charge de travail augmente : environ 30 à 32 °C pour le travail léger, 28 à 31 °C pour le travail moyen et 26 à 29 °C pour le travail lourd, selon la vitesse de l'air 29.
  • Le froid a ses propres déclencheurs. En Colombie-Britannique, les règles sur le froid s'appliquent lorsque les conditions pourraient faire tomber la température centrale d'un travailleur sous 36 °C ou dépassent les critères de l'ACGIH sur le pouvoir refroidissant du vent 17. L'indice de refroidissement éolien, c'est-à-dire la température ressentie sur la peau exposée, guide partout les conseils pratiques.
  • L'humidex est un outil de dépistage. L'indice humidex combine la température et l'humidité pour exprimer la chaleur ressentie, et il peut être utile dans certains milieux de travail, surtout lorsque la chaleur radiante et les lourdes charges de travail ne sont pas des facteurs importants. Lorsque la législation ou une norme applicable exige la méthode WBGT ou une autre méthode, c'est cette méthode qu'il faut utiliser 10.

Quelle est la législation fédérale sur la chaleur et le froid?

Pour les employeurs sous réglementation fédérale, c'est la partie II du Code canadien du travail qui établit l'obligation. Le Code exige que l'employeur :

  • veille à la protection de ses employés en matière de santé et de sécurité au travail (art. 124) 1;
  • offre à chaque employé « l'information, la formation, l'entraînement et la surveillance nécessaires pour assurer sa santé et sa sécurité » (al. 125(1)q)) 2;
  • fournisse les installations sanitaires et personnelles réglementaires : selon le RCSST, les locaux réservés aux soins personnels et les aires de préparation des aliments doivent être maintenus entre 18 °C et 29 °C dans la mesure du possible (art. 9.9) 3.

L'article 9.9 est une disposition fédérale pertinente sur la température, et non un inventaire complet. D'autres visent des situations précises. Lorsque la chaleur produite par un appareil de manutention motorisé porte la cabine ou le poste de l'opérateur à plus de 26 °C, cette partie doit être protégée par une cloison isolante (par. 14.9(2)) 4. Une salle de premiers soins doit être maintenue à 21 °C ou plus lorsque la température de plein air est de 21 °C ou moins. Dans la mesure du possible, elle ne doit pas non plus être plus chaude que l'air extérieur lorsque celui-ci dépasse 24 °C à l'ombre (al. 16.10(2)b)) 5.

Au-delà de ces précisions, la protection thermique passe par le programme de prévention des risques professionnels : évaluer les dangers de la chaleur et du froid liés au travail, les maîtriser et former les travailleurs à leur sujet 6.

Des modifications enregistrées le 30 janvier 2026 (DORS/2026-10) ajoutent au RCSST un article consacré au stress thermique (art. 10.19.3), avec effet le 30 janvier 2027. L'employeur doit élaborer des marches à suivre pour réduire le risque de stress thermique : mécanismes techniques et mesures administratives, surveillance des facteurs environnementaux, vêtements et équipement de protection, et formation des employés quant aux signes et symptômes. Ces marches à suivre doivent être appliquées dès que les conditions atteignent les critères de dépistage de l'ACGIH pour la contrainte thermique due à la chaleur ou ses seuils pour le froid 7.

Tous les autres employeurs relèvent des lois provinciales ou territoriales, présentées ci-dessous.

Quels sont les règlements sur la température au travail dans chaque province et territoire?

Les règles thermiques diffèrent nettement d'une administration à l'autre. Certaines inscrivent des chiffres et des normes nommées dans la réglementation, d'autres s'appuient sur l'obligation générale de l'employeur et sur des lignes directrices publiées. Voici ce que chacune exige.

AdministrationTexte de loiCe qu'il exige
AlbertaObligation générale de l'OHS Act et Occupational Health and Safety Code, partie 2 (évaluation des dangers) (en anglais)Il n'y a pas de partie consacrée aux conditions thermiques. La chaleur et le froid sont gérés au moyen de l'obligation générale et de l'obligation d'évaluer les dangers, avec l'appui des lignes directrices publiées par l'Alberta (en anglais), qui suggèrent des plages de confort intérieur non réglementaires d'environ 23 à 28 °C en été et 20 à 25 °C en hiver.
Colombie-BritanniqueOccupational Health and Safety Regulation (B.C. Reg. 296/97), partie 7, section 4 : Thermal Exposure (art. 7.26 à 7.38) (en anglais)Chaleur : l'exposition ne doit pas dépasser les critères de dépistage de l'ACGIH pour la contrainte thermique (7.28), avec une évaluation du stress dû à la chaleur et un plan de contrôle de l'exposition (7.29), des mesures de contrôle travail-repos (7.30) et l'obligation réglementaire de fournir de l'eau potable fraîche (7.31). Froid : les règles s'appliquent lorsque la température centrale d'un travailleur pourrait tomber sous 36 °C ou lorsque les conditions dépassent les critères de l'ACGIH sur le pouvoir refroidissant du vent (7.33), et exigent un plan, des mesures de contrôle, des abris chauffés et des vêtements (7.34 à 7.37).
Île-du-Prince-ÉdouardOccupational Health and Safety Act General Regulations (EC180/87), art. 11.9 à 11.11 et partie 42 : Extremes of Temperature (en anglais)Températures intérieures minimales selon le type de travail (art. 11.10 et 11.11) : environ 12 °C pour le travail lourd et 20 °C pour le travail léger, avec une humidité relative minimale de 30 % dans les bureaux (art. 11.9). Une partie distincte fixe la règle d'exposition : l'exposition admissible à la chaleur et au froid doit être conforme aux valeurs limites d'exposition (TLV) établies par l'American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH) (art. 42.1).
ManitobaRèglement sur la sécurité et la santé au travail (R.M. 217/2006), art. 4.12 et 4.13Les valeurs limites d'exposition 2019 de l'ACGIH sont nommées dans le règlement et doivent être respectées, et le travailleur doit recevoir des renseignements, des directives et de la formation sur les symptômes relatifs aux contraintes thermiques et sur les précautions à prendre pour éviter les blessures (4.12). Les conditions thermiques à l'intérieur sont visées par l'article 4.13.
Nouveau-BrunswickRèglement général 91-191, art. 21 à 23 et 44 (PDF bilingue)Températures intérieures minimales selon le type de travail dans un lieu de travail clos (art. 21) : environ 12 °C pour le travail lourd et 20 °C pour le travail léger. Températures extrêmes (art. 22) : une personne compétente fait le relevé des conditions thermiques à de fréquents intervalles. Les TLV 2016 de l'ACGIH sont respectées, y compris le régime travail-repos pour la chaleur et le régime travail-réchauffement pour le froid. Une personne compétente doit instruire les salariés exposés des symptômes de stress dû à la chaleur et de stress dû au froid et des précautions à prendre (art. 23). Des vêtements protecteurs sont exigés en cas de températures extrêmes (art. 44).
Nouvelle-ÉcosseWorkplace Health and Safety Regulations, art. 2.1 à 2.3 (en anglais)La définition de l'agent physique (physical agent) comprend les agents de nature thermique (art. 2.1), et l'employeur doit respecter, et faire respecter, les valeurs limites d'exposition aux agents physiques établies dans la publication de l'ACGIH (art. 2.3). Les TLV en vigueur de l'ACGIH pour l'exposition à la chaleur et au froid s'appliquent donc comme limites d'exposition professionnelle, en plus de l'obligation générale prévue par l'OHS Act.
NunavutRèglement sur la santé et la sécurité au travail (R-003-2016), art. 74Reprend les dispositions des Territoires du Nord-Ouest : des conditions thermiques intérieures adaptées, protectrices et raisonnablement confortables, un instrument de mesure lorsque les conditions peuvent être préoccupantes, des mesures de protection pour le travail à l'extérieur ou dans des conditions impossibles à régler, et des vêtements et un EPI convenables lorsqu'un travailleur est affecté à des conditions thermiques différentes de celles de ses tâches habituelles (74(4)).
OntarioR.R.O. 1990, Règl. 851 : Établissements industriels, art. 129Un lieu de travail fermé doit être maintenu à une température qui convient au genre de travail effectué et d'au moins 18 °C, avec des exceptions énumérées : les lieux qui ne sont pas normalement chauffés, ceux où il faut ouvrir les portes, ceux où l'on manipule des marchandises périssables, et d'autres. Du côté de la chaleur, les lignes directrices du ministère sur le stress dû à la chaleur, fondées sur l'ACGIH, s'appliquent, et le plan pour le travail par temps chaud qu'elles recommandent se déclenche selon l'indice humidex. Des températures précises existent en construction pour les tunnels et les sas (Règl. de l'Ont. 213/91).
QuébecRèglement sur la santé et la sécurité du travail (S-2.1, r. 13), art. 116 à 124 et annexes IV et VDes exigences réglementaires détaillées : températures minimales selon le type de travail (art. 116 à 118 et les annexes, par exemple 12 °C pour le travail pénible); contrainte thermique mesurée par la méthode WBGT (art. 122, annexe V); et, lorsque l'indice dépasse la courbe de travail continu, surveillance médicale, eau entre 10 et 15 °C et une douche par 15 travailleurs exposés (art. 123), en plus de mesures techniques et administratives obligatoires (art. 124).
SaskatchewanThe Occupational Health and Safety Regulations, 2020 (S-15.1 Reg 10), art. 6-7 : Thermal conditions (en anglais)Les conditions thermiques à l'intérieur doivent être adaptées au travail, protectrices et raisonnablement confortables, avec un instrument de mesure lorsque l'environnement thermique est préoccupant. À l'extérieur ou dans des conditions impossibles à régler, il faut de la surveillance, des écrans ou des abris, du chauffage ou du refroidissement temporaire, et des vêtements et un EPI convenables. Par ailleurs, lorsqu'un casque protecteur est exigé par temps froid, il doit être muni d'une doublure convenable et d'un protecteur facial pour temps froid (art. 7-7(4)).
Terre-Neuve-et-LabradorOccupational Health and Safety Regulations, 2012 (NLR 5/12), art. 44 : Thermal environment (en anglais)Un environnement thermique raisonnable, tel qu'établi par l'ACGIH, et de l'équipement de surveillance lorsque les conditions thermiques peuvent présenter un danger. Dans des conditions inhabituellement chaudes ou froides : surveillance et avertissements, équipement et vêtements spéciaux, écrans ou abris, surveillance médicale, boissons chaudes ou froides et méthodes d'acclimatation, et horaires de travail limités avec périodes de repos.
Territoires du Nord-OuestRèglement sur la santé et la sécurité au travail (R-039-2015), art. 74 : Conditions thermiques (PDF bilingue)Les conditions thermiques à l'intérieur (température de l'air, température de rayonnement, humidité et mouvement de l'air) doivent être adaptées au travail, protectrices et raisonnablement confortables, avec un instrument de mesure lorsque les conditions peuvent être préoccupantes. Le travail à l'extérieur ou dans des conditions impossibles à régler exige des mesures de protection, et un travailleur affecté à des conditions thermiques différentes de celles de ses tâches habituelles doit recevoir des vêtements et un EPI convenables (74(4)).
YukonRèglement sur la santé sur les lieux de travail, art. 9 et 12, ainsi que le Règlement sur la santé et la sécurité sur les lieux de travail (Décret 2006/178), partie 1, art. 1.44 (PDF bilingues)Les conditions thermiques doivent être raisonnables et appropriées selon la nature du travail, compte tenu de la température ambiante, de la température radiante, du taux d'humidité et du déplacement d'air. Lorsque les conditions ne peuvent pas être raisonnablement réglées ou que le travail s'effectue à l'extérieur, des mesures de protection s'appliquent, notamment le contrôle des conditions, des écrans ou des abris, du chauffage ou du refroidissement, des vêtements, des boissons et des horaires de travail modifiés avec périodes de repos (art. 9). Lorsque la chaleur peut entraîner des problèmes de santé, l'indice thermique doit être calculé et enregistré par la méthode WBGT ou WGT (art. 12). Les limites de travail continu dépendent de la charge de travail et de la vitesse de l'air : environ 30 à 32 °C pour le travail léger, 28 à 31 °C pour le travail moyen et 26 à 29 °C pour le travail lourd. Au-delà de ces limites, il faut des mesures techniques, des régimes travail-repos, des vêtements de protection ou une combinaison de ces moyens. Les travailleurs exposés à la chaleur doivent apprendre à reconnaître les symptômes des troubles dus à la chaleur et recevoir de l'eau potable (par. 12(4)). Les sources de chaleur ou de froid doivent aussi être disposées ou protégées de façon à éviter tout contact accidentel, avec un EPI lorsqu'elles doivent rester exposées (art. 1.44).
FédéralCode canadien du travail, art. 124 et art. 125, et Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail (DORS/86-304), art. 9.9Comme l'indique la section fédérale ci-dessus : l'obligation générale de l'employeur, l'obligation d'informer, de former, d'entraîner et de surveiller, et des locaux réservés aux soins personnels et des aires de préparation des aliments maintenus entre 18 °C et 29 °C dans la mesure du possible. À compter du 30 janvier 2027, des marches à suivre sur le stress thermique s'appliquent dès que les conditions atteignent les seuils de l'ACGIH pour la chaleur ou le froid (RCSST, art. 10.19.3).

Quels travailleurs sont les plus exposés au stress dû à la chaleur et au froid?

Les travailleurs qui peuvent être exposés à une chaleur ou à un froid dangereux devraient recevoir de l'information, des directives et une formation sur le stress dû à la chaleur et au froid adaptées à l'administration dont ils relèvent et aux dangers de leur propre milieu de travail. Voici des exemples de secteurs où l'exposition est importante.

  • Construction. Le travail se fait à l'extérieur durant les deux saisons, souvent dans des espaces clos mal ventilés, et l'équipement de protection lui-même ajoute à la charge thermique.
  • Agriculture. De longues journées d'été de travail extérieur physiquement exigeant, avec peu d'ombre et un effort maximal au plus chaud de la saison.
  • Mines. Chaleur sous terre et froid en surface, travail lourd et longs quarts, souvent loin de toute aide médicale immédiate.
  • Foresterie. Un travail physique soutenu dans des endroits éloignés, exposé à tout ce que la météo réserve pendant un quart complet.
  • Loisirs de plein air. Les guides et les instructeurs travaillent dans des conditions changeantes, souvent en région éloignée et pendant de longues heures, et sont responsables d'autres personnes en plus d'eux-mêmes.

La chaleur n'est pas un danger propre à l'extérieur. Les cuisines, les fonderies, les boulangeries et les buanderies placent les travailleurs à proximité d'une source de chaleur comme un four, ou dans une pièce chaude mal ventilée, et les mêmes seuils et les mêmes symptômes s'y appliquent 11.

Que doit-on enseigner aux travailleurs sur le stress dû à la chaleur et au froid?

La formation sur le stress dû à la chaleur et au froid donne aux travailleurs les connaissances nécessaires pour travailler en sécurité par températures extrêmes. Lorsqu'un règlement en précise le contenu, il nomme les symptômes du stress thermique et les précautions à prendre (Manitoba, art. 4.12 18; Nouveau-Brunswick, art. 23 19; Yukon, par. 12(4) 29). À compter du 30 janvier 2027, les marches à suivre des employeurs sous réglementation fédérale contre le stress thermique devront aussi comprendre la formation des employés quant aux signes et symptômes du stress thermique (art. 10.19.3 du RCSST) 7. Une formation complète couvre :

  • La façon dont le corps réagit à la chaleur et au froid, et à quoi ressemblent les crampes de chaleur, l'épuisement par la chaleur, le coup de chaleur, la gelure et l'hypothermie, chez soi et chez ses collègues
  • Les seuils et la façon de les mesurer : limites de l'ACGIH, WBGT, humidex, refroidissement éolien
  • Les mesures de contrôle, dans l'ordre : techniques (ombre, ventilation, abris, chauffage), administratives (régimes travail-repos et travail-réchauffement, horaires établis en fonction des conditions extrêmes), puis vêtements et EPI
  • L'hydratation et les pratiques de réchauffement ou de rafraîchissement, y compris l'importance de l'acclimatation pour les nouveaux travailleurs et ceux qui reviennent au travail
  • L'intervention d'urgence : reconnaître une urgence, comme un coup de chaleur ou une hypothermie avancée, et donner les premiers soins en attendant les secours
  • Les règles : les dispositions thermiques de votre administration et les obligations des employeurs et des travailleurs

En plus de ces sujets, la formation doit être reliée au milieu de travail où elle sert. Cela comprend les dangers thermiques relevés dans votre propre évaluation des risques, les procédures de votre employeur pour les périodes de chaleur et de froid, et la personne à aviser lorsque les conditions changent ou qu'un collègue présente des symptômes.

La loi fixe-t-elle une date d'expiration pour la formation?

Aucune loi ni aucun règlement au Canada ne fixe de date d'expiration pour la formation sur le stress dû à la chaleur et au froid, et aucune norme ne fixe de cycle de renouvellement : les dispositions sur le stress thermique examinées pour ce guide ne prescrivent aucune expiration pour un certificat. Le certificat eSafetyFirst porte une échéance imprimée de deux ans à compter de la fin de la formation; c'est la pratique de notre programme, et non une exigence légale. La formation de rappel est une pratique courante, fixée par les politiques de formation des employeurs et les exigences de leurs clients.

Une formation de rappel peut s'imposer plus tôt lorsque les dangers, les tâches ou les procédures changent. Un nouveau lieu de travail ou un nouveau rôle aux conditions thermiques différentes, un incident ou un quasi-accident, ou la première période de temps extrême d'une saison sont autant de raisons de refaire le point avant toute date imprimée.

Points clés à retenir

Les règles canadiennes sur la température sont réelles et précises : des minimums à l'intérieur, des limites de l'ACGIH inscrites dans la loi et la mesure WBGT au Québec et au Yukon. L'obligation appartient à l'employeur, tout comme, dans plusieurs administrations, la surveillance qui l'accompagne. La formation est ce qui permet aux travailleurs de reconnaître le danger avant qu'il ne devienne une urgence.

Ressources et guides

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

Avez-vous trouvé cet article utile?
eSafetyFirst - À propos de nos Normes éditoriales
Rédigé et révisé par l'équipe de contenu SST d'eSafetyFirst.